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mardi 1 décembre 2009

Carnet du 19 mars 1983

Pour moi, tel que je le comprends, toutes ces manipulations ont un seul sens : la descente, l'infiltration et l'imprégnation de la conscience matérielle par le Pouvoir nouveau. C'est ça qui fait le travail et qui sait ce qu'il a à faire, nous ne savons rien.

Les effets de ce Pouvoir :

1) Purification du subconscient et de toutes les vieilles empreintes, réactions, habitudes de la conscience matérielle, corporelle. C'est le "cocon noir". Ça triture tout ce magma collant.

2) Plus ça purifie, plus le filet se décolle, et par voie de conséquence, c'est l'élargissement de la conscience matérielle qui retrouve son unité avec la Matière. Le corps "pur" se dé-couvre de son manteau individuel, un manteau de mensonge. C'est le faux corps mortel qui peu à peu se laisse infiltrer et envahir par le vrai corps total.

3) L'effet ultime (ou prochain) doit être l'éveil de la conscience cellulaire : la splendeur qui est dedans. Ce qui est tout en haut éveille ce qui est tout en bas. Alors le travail se fera automatiquement du dedans, de l'intérieur du corps. Ce sera le commencement de la supramentalisation, avec ses effets inconnus.

Les moyens du travail :

Je n'en connais qu'un : Le mantra de Mère. Et d'abord cette merveilleuse syllabe ÔM, magique, comme un harpon de lumière, qui monte tout droit et va ouvrir les écluses du Supramental ou du Pouvoir nouveau. C'est vraiment l'invocation du Suprême. Et la réponse merveilleuse.

Et puis l'abandon total, sans peur : se laisser emporter par le Pouvoir comme un fétu, laisser faire, surtout laisser faire, ne jamais "orienter" l'expérience. La passivité totale avec l'aspiration intense du corps : être à Toi. C'est tout. Si on est à Toi purement, tout le reste en découle.

Le nom de Sri Aurobindo est aussi un merveilleux Mantra.

Extraits de Carnets d'une Apocalypse

samedi 24 janvier 2009

Satprem

Comme d'habitude je suis allé ce matin à onze heures et demie dans les appartements de Mère pour recevoir une rose. Comme je voudrais savoir dire le regard de Mère ce matin... Personne au monde, ni ma mère elle-même, ni mon frère, ni la femme que j'ai aimée, n'ont eu un tel regard pour moi. Je n'ai jamais vu une telle douceur infinie, un tel regard d'amour infini, de tendresse ; un regard qui sait suprêmement et qui aime ; un regard descendu de Dieu et proche, si proche qu'il coule doucement au creux de la poitrine et se met à éclore comme une fleur dans la nuit de mon corps. Je ne suis pas fou, ni halluciné ; ce matin Mère m'a révélé sa divinité ou sa participation divine : Elle est cela, Elle a réalisé cela totalement...Son infinie compassion...ce matin Mère m'a...

Satprem, mars 1954, Lettres d'un insoumis