dimanche 21 février 2010

21 février, anniversaire de Mère


ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ ÔM NAMO BHAGAVATÉ....

jeudi 11 février 2010

Trouver son Âme

Pour trouver l'âme, il faut aller comme ça (geste de plongée), comme ça, se reculer de la surface, se retirer profondément, et entrer, entrer, entrer, descendre, descendre, descendre dans un trou très profond, silencieux, immobile, et alors là, il y a comme une ... quelque chose qui est chaud, tranquille, riche de contenu, et très immobile, et très plein, comme une douceur, ça, c'est l'âme.

Et si l'on insiste et que soi-même on soit conscient, alors il se produit comme une sorte de plénitude qui donne l'impression d'une chose complète et qui contient des profondeurs insondables dans lesquelles on sent que si l'on entrait, alors il y aurait des secrets qui se révéleraient... comme une réflexion dans une eau très paisible de quelque chose qui est éternel. Et on ne se sent plus limité par le temps.

On a l'impression d'avoir toujours été et d'être pour l'éternité. Ça, c'est quand on a touché le centre de l'âme.

Et si le contact a été assez conscient et complet, cela vous libère de l'esclavage de la forme extérieure; on ne sent plus que l'on ne vit que parce que l'on a un corps. Ça, c'est généralement la sensation ordinaire de l'être, d'être lié à cette forme extérieure au point que quand on pense "moi", on pense "le corps". C'est la chose ordinaire.

La réalité personnelle, c'est la réalité corporelle. Ce n'est que si l'on a fait un effort de développement intérieur et que on a essayé de trouver un point un peu plus stable dans son être, qu'alors on peut commencer à sentir que c'est ce "quelque chose" qui est conscient d'une façon permanente à travers tous les âges et tous les changements, c'est ce quelque chose-là qui doit être "moi".

Mais cela, ça demande déjà une étude assez ... assez approfondie. Autrement, si tu penses "je vais faire ceci", "j'ai besoin de cela", c'est toujours ton corps, un petit peu d'une sorte de volonté qui est un mélange de sensations, de réactions sentimentales plus ou moins confuses et de pensées encore plus confuses qui font un mélange et qui sont animées par une impulsion, une attraction, un désir, une volonté quelconque, et c'est cela qui devient momentanément "moi", mais pas directement parce que l'on ne conçoit pas ce "moi" indépendant de la tête, du torse, des bras, des jambes et de tout ça qui bouge, c'est très étroitement lié.

C'est seulement après avoir beaucoup réfléchi, beaucoup regardé, beaucoup étudié, beaucoup observé, que l'on commence à se rendre compte que l'un est plus ou moins indépendant de l'autre et que cette volonté par-derrière peut, ou le faire agir, ou ne pas le faire agir, et ne pas s'identifier complètement au mouvement, à l'action, à la réalisation, qu'il y a un flottement. Mais il faut beaucoup regarder pour voir cela.

Et puis, il faut encore beaucoup plus regarder pour voir que ça, cette seconde chose qui est là, cette sorte de volonté active consciente, c'est mis en mouvement par "quelque chose d'autre" qui regarde, qui juge, qui décide et qui essaie de baser ses décisions sur une connaissance, cela, ça arrive encore beaucoup plus tard.

Et alors, quand on commence à voir ce "quelque chose d'autre", on commence à voir que ça a le pouvoir de mettre en mouvement la seconde chose qui est une volonté active, et non seulement cela, mais que ça a une action très directe et très importante sur les réactions, les sentiments, les sensations, et que finalement, ça peut avoir un contrôle sur tous les mouvements de l'être, cette partie qui regarde, qui observe, qui juge et qui décide.

Cela, c'est le commencement du contrôle. Quand on devient conscient de ça, on a saisi le fil, et quand on parle de contrôle, on peut savoir "Ah ! oui, c'est ça qui a le pouvoir de contrôler". C'est comme cela que l'on apprend à se regarder.

mercredi 30 décembre 2009

La vision et la Grâce

La terre était ravagé par le feu
Et le grondement de la mort
Hurlait pour massacrer un monde que sa faim avait créé ;
J'ai entendu retentir les ailes de fer de la destruction :
Le cri de guerre du titan résonnait dans mes oreilles,
l'alarme et le tumulte secouaient la nuit armée.

J'ai vu les pionniers de flamme du Tout-puissant
Sur le versant céleste qui touche la vie
Descendre en foule les marches d'ambre de la naissance ;
Avant-coureurs d'une multitude divine
Ils venaient par les sentiers de l'étoile du matin,
Ils entraient dans le petit espace de la vie mortelle.

Je les ai vus traverser le crépuscule d'un âge,
Les fils aux yeux de soleil d'une aube merveilleuse,
Les grands créateurs au front ceint de calme,
Puissants briseurs des barrières du monde
Et lutteurs contre le destin dans le champ clos de ses décrets,
travailleurs dans les mines des dieux,
Messagers de l'Incommunicable,
Architectes de l'immortalité.

Ils entraient dans la sphère déchue des hommes,
Leurs faces portaient encore la gloire de l'Immortel,
Leurs voix communiaient encore avec la pensée de Dieu,
Leurs corps irradiaient la beauté de la Lumière de l'Esprit,
Porteurs du mot magique, du feu mystique,
Porteurs de la coupe dionysiaque de la joie,
Leurs yeux brillaient d'un homme plus divin,
Leurs lèvres chantaient l'hymne inconnu de l'allégresse de l'âme,
Leurs pas résonnaient dans les corridors du temps.

Grands prêtres de la sagesse et de la douceur et de la puissance et félicité,
Découvreurs des chemins ensoleillés de la beauté,
Nageurs des torrents rieurs de l'Amour brûlant,
Corybantes dans le temple d'or de l'extase,
Un jour leur pas changeront la souffrance de la terre
et justifieront la lumière sur la face de la nature.
...

Sri Aurobindo,
Extrait de Savitri livre III, chant IV.

jeudi 24 décembre 2009

mardi 1 décembre 2009

Carnet du 19 mars 1983

Pour moi, tel que je le comprends, toutes ces manipulations ont un seul sens : la descente, l'infiltration et l'imprégnation de la conscience matérielle par le Pouvoir nouveau. C'est ça qui fait le travail et qui sait ce qu'il a à faire, nous ne savons rien.

Les effets de ce Pouvoir :

1) Purification du subconscient et de toutes les vieilles empreintes, réactions, habitudes de la conscience matérielle, corporelle. C'est le "cocon noir". Ça triture tout ce magma collant.

2) Plus ça purifie, plus le filet se décolle, et par voie de conséquence, c'est l'élargissement de la conscience matérielle qui retrouve son unité avec la Matière. Le corps "pur" se dé-couvre de son manteau individuel, un manteau de mensonge. C'est le faux corps mortel qui peu à peu se laisse infiltrer et envahir par le vrai corps total.

3) L'effet ultime (ou prochain) doit être l'éveil de la conscience cellulaire : la splendeur qui est dedans. Ce qui est tout en haut éveille ce qui est tout en bas. Alors le travail se fera automatiquement du dedans, de l'intérieur du corps. Ce sera le commencement de la supramentalisation, avec ses effets inconnus.

Les moyens du travail :

Je n'en connais qu'un : Le mantra de Mère. Et d'abord cette merveilleuse syllabe ÔM, magique, comme un harpon de lumière, qui monte tout droit et va ouvrir les écluses du Supramental ou du Pouvoir nouveau. C'est vraiment l'invocation du Suprême. Et la réponse merveilleuse.

Et puis l'abandon total, sans peur : se laisser emporter par le Pouvoir comme un fétu, laisser faire, surtout laisser faire, ne jamais "orienter" l'expérience. La passivité totale avec l'aspiration intense du corps : être à Toi. C'est tout. Si on est à Toi purement, tout le reste en découle.

Le nom de Sri Aurobindo est aussi un merveilleux Mantra.

Extraits de Carnets d'une Apocalypse

dimanche 1 novembre 2009

Le goût du Divin

C’était ce sentiment si chaud, si intime, si... (je ne sais pas comment dire), si doux et si puissant à la fois, et si... oh ! c’était concret ! Toute l’atmosphère, toute l’atmosphère était devenue concrète: tout-tout avait le goût du Seigneur. Je ne sais pas comment expliquer cela. C’était tout à fait matériel, c’était comme si on en avait plein la bouche! plein partout, comme ça – c’était comme cela. Et d’une façon tellement physique! comme... on pourrait le comparer au goût le plus délicieux qu’on puisse avoir (c’était le sens du contact et du goût), très-très matériel. C’était comme si, en fermant la main, on avait au-dedans de sa main quelque chose de solide – une vibration si chaude, si douce et si forte, si puissante, si concrète !

Évidemment, cela prouve qu’il y a une évolution dans ce sens-là, dans toute cette agglomération de cellules, mais...

Au fond, on veut autre chose.

Au fond, ce que l’on veut, c’est... (long silence) c’est quelque chose comme un absolu dans la présence, l’action, la conscience, qui annule ce (Mère fait un geste ici qui, peut-être, exprime une distance, une séparation, ou un échange entre deux choses distinctes)... On ne peut presque plus appeler cela une «dualité», mais il y a tout de même «quelque chose qui voit et qui sent». C’est cela qui irrite.

Je sens bien, n’est-ce pas, tout-tout est tendu comme ça vers une chose: «Toi, Toi seul, et qu’il n’y ait que Toi»... On ne peut pas dire «Moi» (il y a toujours un malentendu avec cet imbécile de moi), mais ce n’est pas «Toi», ce n’est pas «Moi», c’est... une seule chose. Que ÇA, ça soit, et rien d’autre.

Tant que ce n’est pas ÇA, ah! c’est... oui, on empierre la route.

Alors ce n’est pas amusant à dire.

Si, c’est important.

(long silence)

C’est nuit et jour, et jour et nuit, quand je vois les gens, quand je ne les vois pas...

Quand je suis toute seule, alors c’est admirable ! Ce corps, dès qu’il est tout seul, oh !... c’est comme s’il fondait – comme cela, fondait. Il n’y a plus de limites, il est content: «Oh! enfin, je peux ne plus être !»

Et alors, vraiment – vraiment il s’oublie; vraiment ça passe à autre chose.

Mais tout le reste du temps... Et puis les lettres à lire, les choses à organiser et les gens à voir, du matin jusqu’au soir. Et la nuit, chaque fois que je sors de ma transe, il y a comme une nuée de choses qui sont là (geste autour de la tête) à attendre qu’on les entende, qu’on leur prête attention.

Parfois il y a des choses amusantes; si je notais tout ce que je vois! Il y a des choses... des choses qui paraissent non pas comme elles sont dans la vie ordinaire, mais telles quelles sont, vues par un œil un peu plus clairvoyant – c’est assez amusant. Mais enfin ce n’est rien, c’est une sorte de distraction.

Et tout le temps, il dit... Tu sais, il est simplement merveilleux (le corps), tout le temps, chaque fois que je bougonne ou je ronchonne, il dit : «Mais c’est pour Moi, c’est Moi, c’est Moi, c’est pour Moi...», comme ça. «N’oublie pas, c’est pour Moi, c’est Moi, c’est Moi qui amène les gens, c’est Moi qui organise, c’est Moi qui leur fais demander, c’est Moi...» Bien-bien. Alors je me tire les oreilles ou les cheveux, et je me dis : imbécile !

(silence)

Mais cette expérience, c’était la première fois que je l’avais. Le contact physique, je t’ai dit que je l’avais déjà eu; mais là, ce n’était pas ça, c’était beaucoup plus matériel que ça, et cela avait une relation avec le goût. C’était comme si toute l’atmosphère et toutes les choses étaient un aliment merveilleux, une nourriture... une nourriture extatique.

Pour l’odorat, j’avais déjà eu l’expérience: la vibration divine, la vibration d’Ananda dans les odeurs. Tu sais que Nripendra a sa cuisine juste sous ma fenêtre: il passe sa matinée et son après-midi à faire de la cuisine pour les enfants; tout ça, ça monte, ça vient avec des bouffées d’air. Et quand l’arbre du Samâdhi est en fleurs, ça vient avec des bouffées d’air; quand les gens brûlent de l’encens en bas, ça vient avec des bouffées d’air – tous-tous les parfums («parfums»: disons odeurs). Et tout cela, ça vient généralement pendant que je marche pour mon japa : c’est l’Ananda des odeurs, chacune avec son sens, son expression, son... (comment dire ?) son mobile et son but, comme ça – admirable! Et il n’y a plus de bonnes ou de mauvaises odeurs, ça n’existe plus: chacune a son sens – son sens et sa raison d’être. J’ai eu cette expérience depuis longtemps.

Mais ça (l’expérience du goût), c’était tout à fait nouveau. Ça n’a pas duré longtemps: ça a duré quelque minutes seulement parce que j’étais ahurie! C’était comme si ma bouche était pleine, tu sais, des nourritures les plus merveilleuses qu’on puisse imaginer. Et puis mes mains ramassaient ça dans l’atmosphère, c’était si drôle !

Évidemment on est en train de préparer le corps à quelque chose.

Mais ce corps est encore beaucoup trop ouvert aux formations mentales des gens, alors il a à lutter contre... – oh!

C’est cela que je lui reproche: pourquoi il lutte ? Pourquoi, tout d’un coup, j’ai une fatigue terrible qui tombe sur moi ? Alors il faut se raidir. Lui, naturellement, il ne fait qu’une chose: il répète automatiquement le mantra; alors tout se tasse et tout s’arrange. Mais pourquoi est-ce nécessaire ? Cela devrait se faire automatiquement (le nettoyage des vibrations mauvaises). Pourquoi avoir besoin de se souvenir ? ou d’opposer une lutte – oh ! une bataille !


Ce n’est pas lui qui se plaint, il ne se plaint pas du tout: c’est moi qui me plains ! Je crois qu’il fait de son mieux mais il y a en travers cette espèce de (on peut à peine parler de mental), cette espèce d’activité de type mental dans la matière, qui intervient... c’est sordide. Je n’ai pas encore pu l’éliminer tout à fait.


Il y a des moments où c’est tout à fait arrêté. Oh! pendant que je marche, quelquefois, tout est tenu comme ça (geste, comme si tout était dominé d’en haut et immobilisé), raide.

Mais alors, la difficulté, c’est que, pour la conscience ordinaire (et malheureusement je suis entourée d’un tas de gens qui ont une conscience très ordinaire – enfin elle me paraît très ordinaire; au point de vue humain, probablement, ce sont des gens assez remarquables, mais pour moi, elle me paraît tout à fait ordinaire), pour la conscience ordinaire, ça a l’air d’un état d’abrutissement, d’imbécillité, de coma, ou bien de... oui, de torpeur. Ça a toutes ces apparences. Quelque chose qui devient immobile, irresponsif, arrêté net, comme ça (même geste que tout à l’heure): on ne peut plus penser, on ne peut plus observer, on ne peut plus réagir, on ne peut plus rien, on est comme ça (même geste). Mais il y a tout ça qui vient du dehors, tout le temps, tout le temps, des choses qui viennent et qui essayent d’interrompre ça; mais si j’arrive à les empêcher, si je peux garder cet état, au bout d’un certain temps ça devient quelque chose de si MASSIF ! de si concret dans la puissance, si massif dans son immobilité, ooh !... Ça doit mener quelque part.

Mais je n’ai pas pu garder cet état assez longtemps (il faut le garder pendant des heures), je n’ai pas pu: il y a tout le temps quelque chose qui interrompt. Et alors, quand le corps est tiré de là brusquement, c’est comme s’il perdait son équilibre; alors là, il y a un petit moment qui est mauvais.

Je comprends les gens qui s’en vont ! Mais ce n’est pas ça, c’est pas ça qu’on veut de moi! C’est que j’aie assez de souplesse pour que les deux puissent être en même temps (geste exprimant l’emboîtement ou la fusion des deux mondes)...

Extrait de l'Agenda du 19 mai 1961

vendredi 16 octobre 2009

30 juillet 1914

J'ai écouté la voix des vagues et elle m'a conté bien des merveilles. Elle m'a parlé de la joie de vivre et des extases du mouvement.

Ô mer, tu m'as redit en un cantique sans fin et sans cesse renouvelé la puissance d'amour qui rend vraies toutes choses. En contemplant la splendeur de ton action invincible, j'ai perçu l'irrésistible élan emportant l'univers vers la Suprême Réalité; la force qui te soulève et change en montagnes ta surface n'est-elle point semblable à celle qui fait sortir le monde de son inertie pour faire naître en lui l'aspiration vers le Divin.

Puis à mesure que dans le silence je te regardais, plus profondément encore tu m'as parlé, et tu m'as dit le grand mystère de l'Amour éternel s'aimant en toutes les formes, se révélant à lui-même dans toutes les activités. Déjà en mon être cet ineffable Amour vivait conscient de lui- même, mais à cette heure-là sa vie revêtit une exceptionnelle intensité, ou peut-être la perception individuelle fut d'une exceptionnelle clarté.

Ô Seigneur adorable, Souverain Maître du monde, Toi qui étant tout possèdes et jouis de tout, as-Tu, à cet instant de Ton éternité, jeté un plus précis regard vers nous pour que nous soyons ainsi baignés d'une telle magnificence d'amour, ou bien as-Tu, dans l'humble instrument de cet être fugitif et limité, voulu goûter de façon plus forte et complète, plus intense et précise Ta propre joie d'être et de Te manifester ? Tout s'est soudain éclairé de l'inexprimable beauté de Ta Vérité et dans le miroir de la conscience individuelle Tu as réfléchi l'infinie variété des modes d'expression propre de Ton être qui est Amour.

Douleur et jouissance s'unissaient à se confondre en une extase qui semblait devoir consumer l'être de ses flammes ardentes. Oh, que ce quelque chose de Toi qui s'est cristallisé en ce que j'appelle mon être T'a bien compris et T'a puissamment aimé en ces instants inoubliables. Toutes les barrières de la pensée et de la sensation avaient disparu, consumées par l'ardeur de Ton feu divin et ce fut bien Toi-même en cet instant qui jouis de Ton éternelle et infinie présence en tout. Tu fus toutes les actions et toutes les résistances, toutes les sensations et toutes les pensées, celui qui aime et celui qui est aimé, ce qui se donne et ce qui reçoit en une inépuisable et mouvante harmonie.

J'ai écouté le cantique des vagues et il m'a conté de bien grandes merveilles.